Anciennes écuries de Méautry, Touques.

Touques

À Touques, le Quartier des Arts fait vivre les anciennes écuries du haras de Méautry

Derrière l'église Saint-Pierre, les anciennes écuries du haras de Méautry ne sentent plus le cheval mais l'argile et le bois. Depuis 2008, la Ville de Touques y a installé un quartier entier dédié aux métiers d'art, où l'on peut encore voir travailler ceux qui font les objets.

  • 8 ateliers d’artistes et 1 galerie, ouverts autour de la place Saint-Pierre.
  • La Galerie des Créateurs, née en 2013, change de thème tous les deux mois.
  • Chaque artisan reçoit le public dans son atelier et transmet son savoir-faire par des cours et ateliers.

Il faut passer derrière l’église pour trouver le Quartier des Arts de Touques. Là, dans d’anciens boxes à chevaux, huit artisans travaillent portes ouvertes. Le lieu existe depuis 2008, année où la Ville a décidé de donner une seconde vie à ce patrimoine équestre. Depuis, la liste des ateliers s’est allongée, et le quartier est devenu un passage obligé du Pays d’Auge.

Des chevaux aux tours de potier

En 1875, les frères Alphonse et Gustave de Rothschild bâtissent le haras de Meautry autour d’un manoir du XVIe siècle. Des générations de galopeurs y naissent, certains couronnés au Prix de l’Arc de Triomphe. Puis le baron Guy de Rothschild cède les écuries à la commune. La Ville les restaure et y installe, à partir de 2008, des ateliers d’art. Le manoir voisin, lui, reste classé monument historique depuis 1933 ; un rappel que le quartier pousse sur une terre déjà chargée d’histoire.

Touques porte le label « petite cité de caractère » et se trouve à deux minutes de Deauville et Trouville. Sans le Quartier des Arts, la ville aurait pu rester un point de passage vers la côte, mais avec lui elle devient une destination à part entière. Les visiteurs qui descendent vers les plages s’arrêtent désormais pour flâner entre les ateliers. Le quartier donne aussi du travail concret à des artisans qui, sans ce lieu, exerceraient ailleurs, loin du public. Pour la commune, c’est une façon d’occuper un bâtiment historique sans le transformer en musée figé : les écuries restent un lieu de travail, pas seulement de visite.

Dans les anciennes écuries : huit univers à découvrir

Atelier de Peter Potter, Touques

Entrez chez Peter Potter, et vous tombez sur un tour de potier qui tourne encore. Il façonne grès et objets de table, et donne des cours à qui veut s’y frotter. « Quand tu achètes le travail d’un artiste, tu achètes aussi des heures d’échecs, d’espoirs et de joie », glisse-t-il parfois à ses visiteurs. Un peu plus loin, David Guzman sculpte grès et porcelaine au tour. Nathalie de Fouquières assemble ses mosaïques pièce à pièce. Laurence de Marliave grave et peint, Irina Shark sculpte, Thierry Dubernet tourne le bois, Tamazh peint des objets design, et Valentina Dotti dessine en plasticienne. À l’entrée des écuries, Constance, brodeuse au fil d’or, a installé sa tiny-house-atelier, aiguille et fil d’or à portée de main tout en faisant découvrir ses dernières créations et commandes.

La Galerie des Créateurs, dix ans de vie

Ouverte en 2013, la Galerie des Créateurs a soufflé ses dix bougies en 2023. On y trouve luminaires, bijoux, mobilier, pièces de table : tout change de thème tous les deux mois. La galerie ferme l’hiver, de janvier à février, contrairement aux ateliers qui, eux, restent accessibles à l’année. L’église Saint-Pierre, quant à elle, accueillait en 2026 la 50e édition du salon des antiquaires de Touques.

Comment ça marche ?

  • Les 8 ateliers reçoivent le public toute l’année, chacun à ses propres horaires.
  • La Galerie des Créateurs ouvre de mars à décembre, avec un nouveau thème tous les deux mois.
  • Cours et stages se réservent directement auprès de chaque artisan.
  • Une fois par an, en juillet, le quartier organise des portes ouvertes.

Le Quartier des Arts prouve qu’un haras peut se réinventer sans perdre son âme. Les chevaux ont laissé place aux tours de potier, mais le geste artisanal, lui, s’est simplement déplacé d’un box à l’autre. Pour Touques, c’est aussi une manière de faire sa place dans une région indéniablement orientée vers la côte. Reste à voir quel neuvième atelier viendra un jour s’ajouter aux huit déjà présents…

Par Raphaël

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