Mortagne-sur-Sèvre

Une église sauvée grâce à ses vitraux

Face à un patrimoine religieux de plus en plus difficile à entretenir, la commune a trouvé une solution originale : transformer son église Saint-Hilaire en un lieu à la fois cultuel et culturel.

  • Une église néogothique de 1904, menacée de destruction en 2008, sauvée par un projet hybride.
  • 5 400 visiteurs par an pour Vendée Vitrail, le centre d’interprétation du vitrail installé dans l’église.
  • 1 225 742 € de travaux financés par l’État, la Région, le Département, le FEADER et une réserve parlementaire.

En France, de nombreuses communes se retrouvent aujourd’hui face à un casse-tête : comment entretenir un patrimoine cultuel coûteux, alors que les moyens manquent et que la fréquentation religieuse diminue ? À Mortagne-sur-Sèvre, en Vendée, la réponse a été trouvée : transformer l’église Saint-Hilaire en un lieu à double vocation, cultuelle et culturelle. Grâce à cette approche, l’édifice a été sauvé de la destruction, tout en devenant un pôle touristique et pédagogique qui attire des milliers de visiteurs chaque année.

Face à un patrimoine menacé… une solution pas comme les autres !

En 2007, l’église Saint-Hilaire, construite en 1904, est fermée pour des raisons de sécurité. La commune envisage alors sa destruction, faute de moyens pour la rénover. Mais l’évêque de Luçon refuse de la désacraliser, et une mobilisation citoyenne s’organise pour la sauver. Avec l’appui des élus du département et de la région, un projet audacieux émerge : faire de l’église un centre d’interprétation du vitrail, tout en conservant son usage cultuel.

Résultat ? L’église est sauvée, rénovée entre 2017 et 2018, et devient Vendée Vitrail, un lieu unique en France où culture et culte coexistent harmonieusement.

Un modèle à double saison : la clé du succès

Vendée Vitrail fonctionne selon un rythme saisonnier malin, comme le soulignent les Petites Cités de Caractère :

  • D’avril à octobre : saison culturelle. L’église accueille des expositions interactives sur l’art du vitrail, des projections son et lumière, et des ateliers pour tous les publics. Le clou du spectacle ? Un vitrail monumental de 9 mètres, réalisé par Louis Mazetier pour Notre-Dame de Paris, classé Monument Historique en 2024.
  • D’octobre à mars : saison cultuelle. L’église redevient un lieu de recueillement, avec des messes occasionnelles.

Cette double vie permet de financer l’entretien du bâtiment grâce aux revenus touristiques, tout en respectant son histoire et sa vocation religieuse.

Un patrimoine exceptionnel préservé

L’église Saint-Hilaire abrite des trésors artistiques : le vitrail de Louis Mazetier, sauvé de l’incendie de Notre-Dame en 2019, qui pèse plus de 4 tonnes et représente des saints et des extraits du Credo. Trois vitraux de Roger Degas, maître-verrier local, évoquant la guerre de Vendée, comme « La messe blanche », en hommage aux messes clandestines de la Révolution.

La réhabilitation a coûté 1 225 742 €, financés par :

  • État (via la préfecture) : 575 960 €
  • Département de la Vendée : 150 000 €
  • Région Pays de la Loire : 100 000 €
  • Réserve parlementaire : 110 000 €
  • FEADER : 30 000 €

Aujourd’hui, Vendée Vitrail propose des visites ludiques pour découvrir l’art du vitrail, des projections immersives sur le vitrail de Mazetier, des expositions temporaires et des événements (Journées du patrimoine, etc.).

Pourquoi ça marche ?

À Mortagne-sur-Sèvre, on a trouvé la formule magique :

L’église est sauvée : plus de risque de destruction ou d’abandon. Le patrimoine est valorisé : les vitraux, classés ou remarquables, deviennent un aimant touristique. L’équilibre financier est assuré : les revenus du tourisme aident à entretenir le bâtiment. La double vocation est respectée : culte l’hiver, culture l’été.

Par Raphaël

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